Situation en matière d’approvisionnement de la Suisse dans le contexte de la guerre en Iran
L’approvisionnement de la Suisse en produits pétroliers reste assuré à l’heure actuelle : les produits pétroliers et le pétrole brut destinés au marché suisse sont disponibles, et tous les moyens de transport peuvent être utilisés.
L’évolution de la guerre en Iran et de l’accessibilité du détroit d’Ormuz est actuellement difficile à prévoir. La situation globale en matière d’approvisionnement demeure tendue. La normalisation de l’approvisionnement après une éventuelle fin du conflit prendra plusieurs mois (réparation et remise en service des infrastructures énergétiques, délai nécessaire à l’arrivée des premiers navires de marchandises en Europe).
Il faut donc s’attendre à ce que seule une partie des importations à destination de l’Europe soient livrées en mai 2026. En partant du principe que les commandes passées par les importateurs seront livrées comme prévu (soit sans autres perturbations de l’approvisionnement), l’approvisionnement de la Suisse en mai se présente comme suit :
Essence, diesel et mazout : selon les estimations actuelles, l’approvisionnement devrait être assuré jusqu’à fin mai 2026.
Kérosène : l’approvisionnement devrait être assuré jusqu’à fin mai 2026.
Les acteurs de l’AEP suivent la situation de très près. Des mesures sont prêtes dans l’éventualité d’une pénurie, et la Confédération peut si nécessaire libérer des réserves obligatoires. Pour en savoir plus, veuillez vous référer à la page Produits stockés.
Rapport de situation par l'AEP
Le rapport de situation présente des informations sur la situation actuelle de l’approvisionnement dans tous les domaines de l’Approvisionnement économique du pays. Le document est mis à jour régulièrement.
Les réserves obligatoires sont soumises à des prescriptions quantitatives dans l’optique de garantir la sécurité de l’approvisionnement de la Suisse. Les quantités à stocker – hormis dans le secteur pharmaceutique – sont calculées sur la base des ventes moyennes des trois années précédentes. Or le niveau effectif des réserves peut, dans certains domaines, s’écarter des objectifs fixés. Les réserves doivent atteindre les valeurs cibles au plus tard le 30 juin de l’année suivante. En général, la couverture de stock des réserves est de trois à quatre mois.
Actuellement, les réserves obligatoires de kérosène couvrent, comme présenté dans le tableau ci-dessous, environ 71 jours, et non les 90 jours prévus. Pour le mazout, l’essence et le diesel, les volumes sont supérieurs aux valeurs cibles.
Voici un aperçu des réserves obligatoires de produits pétroliers :
Ce découvert temporaire s’explique essentiellement par deux facteurs :
Le calcul des quantités à stocker se base sur le volume moyen des ventes des trois années précédentes. Depuis la fin de la pandémie de COVID-19, les ventes de kérosène ont fortement augmenté, appelant également un relèvement a posteriori des réserves obligatoires. étant donné que ce relèvement se fait progressivement, le niveau des réserves obligatoires est temporairement inférieur aux valeurs cibles qui découlent de la forte hausse de la demande récemment observée.
Des évolutions sur le marché des importateurs ont en outre des répercussions sur l’ajustement des réserves obligatoires. Les nouveaux importateurs disposent d’un délai légal de trois ans pour atteindre leur objectif de stockage obligatoire, tandis que les entreprises détenant déjà des réserves ont un délai d’un an pour adapter les volumes stockés dans le cadre d’un relèvement ordinaire des valeurs cibles lié aux ventes. Ces ajustements s’effectuent de manière progressive et planifiable, car les volumes supplémentaires destinés aux réserves obligatoires doivent être importés en plus du kérosène requis pour l’approvisionnement ordinaire, en tenant compte des contraintes logistiques existantes.
Il convient de noter que tant les valeurs cibles que les valeurs réelles des réserves obligatoires sont le fruit de calculs. Elles indiquent la couverture de stock théorique des réserves obligatoires dans l’hypothèse où plus aucune importation ne serait possible et où la consommation resterait au niveau actuel. Ces hypothèses ne reflètent toutefois pas l’expérience réelle en cas de crise.
Même lors des crises d’approvisionnement les plus graves rencontrées, comme lors de la crise pétrolière de 1973 ou de la pandémie de COVID-19 en 2020, les importations ont pu se poursuivre. Ces crises ont en outre montré que la consommation diminue considérablement en situation de pénurie. Dans la pratique, les réserves obligatoires permettent donc de combler les pénuries sur une période bien plus longue que ne le laissent supposer les valeurs cibles et réelles calculées.
Oui, l’approvisionnement en produits pétroliers de la Suisse est pour l’instant assuré.
À l’heure actuelle, la guerre en Iran n’a pas de répercussions d’ordre quantitatif sur l’approvisionnement de la Suisse en biens et services vitaux ; des conséquences indirectes par l’intermédiaire des marchés mondiaux ne peuvent cependant pas être exclues. Cela pourrait par exemple se produire si des sites de production importants sur la chaîne d’approvisionnement rencontraient des problèmes.
L’AEP a préparé différentes mesures, qui sont appliquées lorsque les milieux économiques sont dans l’impossibilité d’assurer l’approvisionnement par leurs propres moyens et que les besoins nationaux ne peuvent plus être couverts. La Confédération peut alors par exemple libérer des réserves obligatoires.
Pour l'essence, le diesel et le mazout extra-léger, l'objectif de stocks obligatoires est fixé à 4,5 mois. Pour le kérosène, cet objectif est de 3 mois. Les réserves obligatoires appartiennent aux entreprises. La Confédération décide uniquement de leur libération.
Les marchandises stockées à titre obligatoire sont généralement écoulées sur le marché par le biais des canaux de commercialisation et de distribution usuels (grossistes, stations-service, commerçants de mazout). Il n’y a pas de distinction opérée entre les volumes issus des réserves obligatoires et les stocks communs.
L’AIE a appelé ses pays membres à libérer volontairement leurs réserves stratégiques de pétrole pour les mettre à la disposition du marché et compenser la réduction des volumes livrés en raison du blocus du détroit d’Ormuz, l’objectif étant de contrer l’augmentation des prix.
L’appel du 11 mars 2026 à une action volontaire de déblocage des réserves laisse les différents pays membres libres de décider de l’ampleur des volumes stockés mis à disposition et de l’échéance à laquelle les marchandises ou réserves obligatoires sont libérées. Étant donné qu’il s’agit d’une action volontaire et que l’approvisionnement de la Suisse reste pour l’instant assuré, cette dernière ne dispose actuellement pas des bases légales nécessaires pour libérer des réserves obligatoires.
Les prix des engrais ont pris l’ascenseur, mais aucune perturbation de l’approvisionnement ne se dessine pour l’instant en Suisse. La situation continue d’être suivie de près, en collaboration avec les agents de milice et les parties prenantes concernées le long de la chaîne d’approvisionnement.
Si la situation devait s’aggraver de manière inattendue et qu’une pénurie se déclarait, des instruments éprouvés seraient à disposition, comme les réserves obligatoires d’engrais azotés notamment, auxquelles il serait possible de recourir pour stabiliser l’approvisionnement.